Formation LCB-FT obligatoire : professionnels assujettis en séance de formation à la lutte contre le blanchiment

Obligations de formation LCB-FT en France : qui est concerné, comment se former et quelles preuves conserver (2026)

Par Yana Karpov, Avocate à la Cour, barreau de Paris. État du droit au 27 octobre 2026.

« Mon entreprise doit-elle former ses collaborateurs à la lutte contre le blanchiment, et que devrai-je présenter le jour d’un contrôle ? » La question de la formation LCB-FT obligatoire revient dans toutes les professions assujetties, aussi bien dans l’agence immobilière que dans la société de gestion, l’office notarial ou la société de domiciliation. Depuis la loi du 13 juin 2025 contre le narcotrafic et le décret du 24 avril 2026, la réponse est plus précise : la formation LCB-FT est une obligation à part entière, organisée dès l’embauche puis régulièrement, adaptée aux risques du métier et aux fonctions de chacun, et documentée pendant toute la durée des fonctions puis cinq ans.

Cette obligation n’est pourtant pas née en 2026. Les décisions de sanction analysées plus bas concernent des faits de 2019 à 2023 : une société de gestion, un conseiller en investissements financiers, deux agences immobilières ainsi qu’une société de domiciliation ont été sanctionnés, parmi d’autres griefs, pour n’avoir pas formé leurs équipes ou pour n’avoir pas pu le prouver. Ce qui change en 2026, ce sont plutôt les modalités et la traçabilité.

Cet article répond à trois questions : votre activité est-elle concernée, qui devez-vous former et comment, et quelles preuves devez-vous conserver. Les textes sont cités avec leur date de version, car plusieurs articles du Code monétaire et financier ont déjà des versions futures programmées pour 2027.

Sommaire

  1. LCB-FT : blanchiment, financement du terrorisme et gel des avoirs
  2. Les textes qui imposent la formation LCB-FT
  3. Chronologie 2025-2029 : ce qui s’applique déjà, ce qui arrive
  4. Votre métier est-il concerné ? Le parcours en 4 questions
  5. Les obligations métier par métier
  6. Qui doit être formé dans l’entreprise ?
  7. Quand, combien de temps, sous quelle forme ?
  8. Vrai ou faux : les idées reçues qui coûtent cher
  9. Reconnaître une formation LCB-FT utile
  10. Préparer les preuves et le contrôle
  11. Sanctions : ce que montrent cinq décisions récentes
  12. Mettre son organisation à niveau en 10 étapes
  13. FAQ : formation LCB-FT
  14. Les formations LCB-FT du CIDFP
  15. Sources

LCB-FT : blanchiment, financement du terrorisme et gel des avoirs

Le blanchiment de capitaux consiste à faciliter la fausse justification de l’origine de biens ou de revenus provenant d’un crime ou d’un délit, ou à concourir au placement, à la dissimulation ou à la conversion de leur produit (article 324-1 du Code pénal). Pour un professionnel, l’enjeu est concret : repérer comment son activité, sa signature ou son compte séquestre pourrait servir à donner une apparence légitime à ces fonds.

Le financement du terrorisme vise la fourniture, la collecte ou la gestion de fonds ou de biens destinés à une entreprise terroriste (article 421-2-2 du Code pénal). La commission d’un attentat n’est pas nécessaire pour que l’infraction soit constituée. La distinction compte en formation, car des fonds d’origine parfaitement légale peuvent financer le terrorisme. Une origine régulière ne dispense donc pas d’examiner la destination.

Le gel des avoirs est un troisième mécanisme, distinct des deux premiers : il impose de rendre indisponibles les fonds de personnes ou d’entités désignées et d’empêcher toute mise à disposition à leur profit. Son champ dépasse les seuls assujettis LCB-FT et il s’applique également sans condition de seuil. C’est pourquoi une formation doit apprendre à ne pas confondre l’analyse d’un soupçon, la déclaration à TRACFIN et la mesure de gel.

Huit mots à connaître avant d’aller plus loin

Terme
Ce que cela signifie pour vous
Assujetti
Le professionnel ou l’organisme auquel les obligations LCB-FT s’appliquent, en raison de son statut ou de son activité.
KYC (connaissance du client)
Les informations et vérifications qui permettent de savoir qui est le client et quelle relation il envisage.
Bénéficiaire effectif
La personne physique qui contrôle en dernier lieu le client, ou pour le compte de laquelle l’opération est réalisée.
PPE
Personne politiquement exposée : certaines fonctions publiques et certains liens familiaux ou d’affaires appellent des diligences complémentaires plutôt qu’une interdiction de relation.
Classification des risques
La méthode propre à l’entité afin d’identifier et de hiérarchiser son exposition au blanchiment et au financement du terrorisme.
Vigilance
Les vérifications et le suivi adaptés au client et au risque : simplifiée, standard, renforcée ou complémentaire selon les cas.
Déclaration de soupçon
La transmission confidentielle à TRACFIN, selon les conditions légales et le circuit propre à la profession.
ERMES
La plateforme de télédéclaration de TRACFIN.

Les textes qui imposent la formation LCB-FT

L’article L. 561-34 du Code monétaire et financier

Cet article pose le principe : les personnes assujetties assurent l’information régulière de leur personnel et mettent également en place les actions de formation nécessaires au respect des obligations LCB-FT. Depuis la loi du 13 juin 2025, il prévoit aussi une obligation de formation des professionnels assujettis eux-mêmes, dont le contrôle est confié aux autorités de l’article L. 561-36. Un professionnel indépendant sans salarié n’échappe donc pas à l’obligation du seul fait qu’il travaille seul.

L’article D. 561-38-1-1, applicable depuis le 26 avril 2026

Le décret n° 2026-310 du 24 avril 2026 précise désormais les modalités. Les personnes qui participent à la mise en œuvre du dispositif sont formées lors de leur embauche, puis régulièrement. La formation porte sur les obligations des chapitres Ier et II du titre VI, en particulier le gel des avoirs, sur les sanctions encourues et sur la reconnaissance des opérations suspectes. Son contenu et sa fréquence sont adaptés aux risques identifiés par l’entité ainsi qu’aux fonctions exercées. Les documents relatifs à la formation du personnel sont conservés pendant la durée des fonctions, puis cinq ans après leur fin, à la disposition des autorités de contrôle, qui vérifient à la fois le suivi et l’adéquation du parcours.

Ce que le texte général ne fixe pas : ni volume horaire minimal, ni périodicité annuelle uniforme, ni note minimale à un questionnaire. La durée d’un produit de formation est donc une donnée commerciale, pas un minimum légal. Ce qui est contrôlé, en revanche, c’est la cohérence entre vos risques, les fonctions de vos collaborateurs, le contenu du parcours, sa régularité et vos preuves.

Les textes qui complètent le socle

L’article R. 561-38-1, remanié par le même décret, traite notamment de l’expérience, de la qualification et de la position hiérarchique des personnes chargées du dispositif. L’article L. 561-4-1 impose une classification des risques fondée sur les produits, les transactions, les canaux de distribution, les clients ainsi que les facteurs géographiques : c’est elle qui doit orienter le choix des exemples et le niveau de chaque parcours. L’article L. 561-36 répartit le contrôle entre l’ACPR, l’AMF, la DGCCRF, la douane, l’Autorité nationale des jeux et les ordres professionnels.

Côté européen, la directive 2015/849 prévoyait déjà la formation continue des employés. Le règlement (UE) 2024/1624, applicable pour l’essentiel le 10 juillet 2027, en fait une règle directement applicable, étendue aux agents et distributeurs, avec une exigence de documentation. L’autorité européenne AMLA a repris les mandats LCB-FT de l’EBA le 1er janvier 2026, puis supervisera directement, à partir de 2028, une sélection d’entités financières transfrontières.

Chronologie 2025-2029 : ce qui s’applique déjà, ce qui arrive

Ce qui s’applique déjà, de 2025 à l’été 2026

Date
Événement
Ce que cela change pour vous
15 juin 2025
Loi contre le narcotrafic : L. 561-34 complété
Obligation explicite de formation des assujettis, contrôlée par les autorités sectorielles.
1er janvier 2026
Transfert des mandats LCB-FT de l’EBA vers AMLA
Les orientations existantes restent applicables jusqu’à leur remplacement.
26 avril 2026
Entrée en application de D. 561-38-1-1
Formation à l’embauche puis régulière, adaptée aux risques et aux fonctions ; conservation des documents pendant les fonctions puis cinq ans.
1er juillet 2026
Fin de la transition PSAN vers le statut européen PSCA
Les prestataires crypto relèvent désormais du régime MiCA ; l’ancien enregistrement PSAN ne suffit plus.
1er août 2026
Nouveau 11° de L. 561-2
Horlogerie, bijouterie, joaillerie et orfèvrerie désormais assujetties dès qu’un bien dépasse 10 000 €, quel que soit le mode de paiement.
5 août 2026
Réforme du sport
Agents sportifs assujettis sous condition d’un seuil fédéral fixé par décret ; formation incluant le blanchiment dans le Code du sport.

Ce qui arrive, de fin 2026 à 2029

Date
Événement
Ce que cela change pour vous
20 novembre 2026
Arrêté du 14 août 2026 sur la formation continue en crédit
Sept heures maintenues pour le crédit immobilier, durée « suffisante et adaptée » pour le crédit à la consommation.
10 juillet 2027
Application du règlement (UE) 2024/1624
Formation continue encadrée par l’article 12, agents et distributeurs inclus, documentation exigée.
Au plus tard le 10 juillet 2027
Nouveaux assujettis français issus de la loi narcotrafic
Marchands de biens et promoteurs, vendeurs et loueurs d’automobiles, de navires de plaisance et d’aéronefs privés, sous conditions et seuils fixés par décrets encore attendus.
2028
Supervision directe par AMLA
Une sélection d’entités financières transfrontières seulement.
10 juillet 2029
Clubs et agents de football visés par le règlement européen
Dispositif français pour les sociétés sportives de football à une date fixée par décret, au plus tard à cette échéance.

Les versions actuelles de L. 561-2 et L. 561-36 sur Légifrance sont celles « du 5 août 2026 au 10 juillet 2027 » et « du 5 août 2026 au 10 juillet 2029 ». Les versions futures font apparaître des professions supplémentaires, c’est pourquoi il faut toujours vérifier la date affichée en haut de l’article consulté.

Votre métier est-il concerné ? Le parcours en 4 questions

L’intitulé d’un métier ne suffit pas toujours à répondre, car un seuil, une condition d’activité ou une exception peut intervenir. Avant de lire les fiches, suivez ces quatre questions dans l’ordre.

  1. 1Mon statut ou mon activité figure-t-il à l’article L. 561-2 ? Banque, assurance, intermédiaire, immobilier, domiciliation, professions du chiffre et du droit, commerce de biens de valeur, jeux, crypto-actifs : la liste est longue, mais elle est fermée. Si votre activité n’y figure pas, l’obligation LCB-FT ne s’applique pas, le gel des avoirs restant toutefois à vérifier séparément.
  2. 2Une condition ou un seuil s’ajoute-t-il ? Loyer mensuel de 10 000 € pour la location immobilière, bien de plus de 10 000 € en bijouterie, paiement en espèces de plus de 10 000 € pour les autres commerçants, mandat du client et fonds confiés pour un IOBSP, assurance accessoire sous plafonds. Ces seuils déterminent l’assujettissement, jamais le moment de déclarer un soupçon.
  3. 3Qui applique réellement les diligences dans ma structure ? L’obligation de formation vise les personnes qui participent au dispositif : relation clientèle, opérations, analyse, conformité, déclaration, contrôle. Le dirigeant qui fait tout lui-même en fait partie. Les mandataires et agents commerciaux non salariés doivent être cartographiés plutôt qu’écartés.
  4. 4Qui me contrôle, et quelles règles propres à ma profession s’ajoutent ? ACPR, AMF, DGCCRF, douane, ANJ ou ordre professionnel. Chacun a ses attentes documentaires. Certaines professions cumulent également le socle du Code monétaire et financier avec un régime de formation continue (assurance, immobilier, crédit, commissariat aux comptes, avocats).

Les obligations métier par métier

Pour chaque famille professionnelle, les fiches ci-dessous reprennent la condition d’assujettissement, l’autorité de contrôle, les personnes à former et, le cas échéant, la règle de formation propre au secteur. Les seuils indiqués sont des seuils d’assujettissement ou de vigilance : ils ne constituent ni un seuil universel de déclaration de soupçon, ni un seuil de formation.

Banque, assurance et marchés financiers

Banques, établissements de paiement et de monnaie électronique, sociétés de financement

Contrôle : ACPR, sous réserve des compétences de l’AMF

Assujetti siVous êtes un organisme financier du titre Ier, y compris une succursale européenne. Seuls les prestataires limités au service d’information sur les comptes bénéficient d’une exclusion.
Personnes à formerChargés de clientèle, back-office, conformité, contrôle permanent et périodique, direction.
En brefSanction ACPR jusqu’à 100 M€ ou 10 % du chiffre d’affaires.

Assureurs, mutuelles, institutions de prévoyance, retraite supplémentaire

Contrôle : ACPR

Assujetti siVous êtes l’un des organismes visés aux 2° à 2° sexies de l’article L. 561-2.
Personnes à formerSouscription, gestion des contrats et des sinistres, réseau commercial, conformité, contrôle interne.
Point d’attentionL’assurance non-vie peut relever d’une vigilance simplifiée, ce qui n’est pas une exclusion.
En brefVigilance simplifiée ne veut pas dire dispense.

Courtiers et intermédiaires d’assurance

Contrôle : ACPR, pour les personnes directement assujetties

Assujetti siVous êtes intermédiaire d’assurance, sauf si vous agissez sous l’entière responsabilité d’un assureur ou d’un courtier : vous appliquez alors les procédures de votre mandant.
Formation propre au secteurLa LCB-FT fait notamment partie des compétences visées par la formation continue DDA de 15 heures par an (A. 512-8 du Code des assurances). Les formations suivies au titre d’une autre obligation sont également tracées : dispensateur, date, durée, modalités, thèmes (R. 512-13-1).
Point d’attentionUn agent général qui exerce aussi en courtage distingue ses deux activités.
En brefDDA : 15 heures par an.

Intermédiaires en opérations de banque (IOBSP)

Contrôle : ACPR

Assujetti siVous disposez d’un mandat du client et des fonds vous sont confiés en qualité de mandataire des parties.
Formation propre au secteurLa LCB-FT figure dans les thématiques de formation IOBSP (arrêté du 18 juillet 2022) ; 7 heures par année civile pour le crédit immobilier (arrêté du 9 juin 2016, modifié à compter du 20 novembre 2026).
Point d’attentionTous les courtiers en crédit ne sont donc pas assujettis à ce titre.
En brefCrédit immobilier : 7 heures par an.

Sociétés de gestion, entreprises d’investissement, CIF, financement participatif

Contrôle : AMF ou ACPR selon le statut

Assujetti siVous relevez de l’un de ces statuts.
Formation propre au secteurLes articles 320-23 et 321-150 du règlement général de l’AMF imposent une formation adaptée aux fonctions, aux clients, aux implantations ainsi qu’aux risques. Un programme uniforme doit être complété.
Point d’attentionRépartition du contrôle : ACPR pour les intermédiaires en financement participatif, AMF pour les sociétés de gestion et les PSFP concernés. Les IFP bénéficient d’une exemption très limitée (projets d’une même personne n’excédant pas 150 € sur six mois).
En brefDeux sanctions AMF de 2026 retiennent un défaut de formation.

Prestataires sur crypto-actifs, changeurs manuels, gestionnaires de crédits

Contrôle : ACPR ; AMF pour certaines catégories de prestataires crypto

Assujetti siVous êtes prestataire de services sur crypto-actifs (PSCA) au sens de MiCA, changeur manuel (7°) ou gestionnaire de crédits (20°).
Personnes à formerEntrée en relation, surveillance des transactions, conformité, direction.
Point d’attentionLa transition depuis le statut PSAN s’est achevée le 1er juillet 2026. La gestion de crédits est une catégorie distincte du recouvrement de créances en général.
En brefEnregistrement PSAN seul : insuffisant depuis juillet 2026.

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Immobilier et domiciliation

Agents immobiliers, mandataires, administrateurs de biens, syndics

Contrôle : DGCCRF ; sanctions prononcées par la Commission nationale des sanctions

Assujetti siVous exercez une activité de la loi Hoguet visée au 8° de L. 561-2 : transactions, fonds de commerce, certaines parts de sociétés, jouissance à temps partagé. Pour la location : mandat de transaction et loyer mensuel d’au moins 10 000 €, proratisé selon la durée.
Personnes à formerDirigeant titulaire de la carte, négociateurs salariés et agents commerciaux, assistants qui recueillent les pièces.
Formation propre au secteurLa formation continue immobilière (14 heures par an ou 42 heures sur trois ans) peut intégrer la LCB-FT au titre des règles déontologiques, à condition que le contenu, l’organisme et l’attestation satisfassent au décret n° 2016-173.
Point d’attentionLa seule gestion locative n’est pas assimilée à un mandat de transaction.
En brefLoi ALUR : 14 heures par an. Trois décisions CNS en 2025-2026.

Sociétés de domiciliationNouveau juin 2026

Contrôle : DGCCRF ; sanctions prononcées par la Commission nationale des sanctions

Assujetti siVous êtes domiciliataire agréé au sens des articles L. 123-11-2 et suivants du Code de commerce.
Personnes à formerGérants, responsables d’agence, chargés de clientèle, accueil, sous-traitants des plateformes en ligne.
Formation propre au secteurDepuis le 27 juin 2026, l’article L. 123-11-3 du Code de commerce fait de la formation LCB-FT une condition de l’agrément, selon des modalités renvoyées à un décret non encore identifié.
Point d’attentionToutes les entreprises qui hébergent un siège social ne sont pas visées.
En brefLa formation LCB-FT devient une condition de l’agrément.

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Professions du chiffre et du droit

Experts-comptables

Contrôle : Ordre des experts-comptables

Assujetti siVous êtes expert-comptable ou salarié autorisé à exercer (12° de L. 561-2).
Formation propre au secteurLa norme professionnelle anti-blanchiment (NPLAB, agréée par arrêté du 7 décembre 2020) comporte notamment une exigence de formation et d’information. Les repères généraux de formation continue de l’Ordre ne constituent toutefois pas un minimum annuel dédié à la LCB-FT.
Point d’attentionLes consultations juridiques bénéficient d’une réserve déclarative (L. 561-3 IV), qui n’exempte pas de formation.
En brefNorme NPLAB.

Commissaires aux comptes

Contrôle : Haute autorité de l’audit (H2A)

Assujetti siVous réalisez des interventions de commissariat aux comptes, y compris les missions, services et attestations hors certification légale.
Formation propre au secteurNEP 9605 (A. 821-98 du Code de commerce). La formation professionnelle générale représente 120 heures sur trois ans, dont 20 par an, justificatifs conservés six ans : ce régime se cumule aussi avec celui des documents de formation du personnel.
En bref120 heures sur 3 ans (régime général de formation).

Avocats et avocats aux Conseils

Contrôle : Conseil de l’ordre du barreau

Assujetti siVous participez pour un client à une transaction financière ou immobilière, agissez comme fiduciaire, ou assistez à la préparation d’opérations visées à L. 561-3 (immobilier, sociétés, comptes, fiducies, conseils fiscaux).
Formation propre au secteurLe CNB a précisé le 6 juillet 2026 que la formation concerne tout avocat inscrit et a proposé un calendrier particulier, avec trois heures pour les élèves avocats. Ce sont toutefois des propositions, pas encore des durées réglementaires.
Point d’attentionLe secret professionnel et le filtre du bâtonnier organisent la déclaration, sans dispenser de formation.
En brefPropositions du CNB non encore adoptées.

Notaires

Contrôle : Chambres des notaires, avec l’assistance possible du Conseil supérieur du notariat

Assujetti siVous exercez les activités de L. 561-3 : transactions immobilières et financières, sociétés, fiducies, conseils fiscaux.
Personnes à formerNotaires et notaires salariés, clercs et rédacteurs, formalistes, comptables-taxateurs, accueil, négociation immobilière, référent LCB-FT de l’office.
Point d’attentionLes consultations ont des règles déclaratives particulières.
En brefFormation vérifiée lors de l’inspection de l’office.

Commissaires de justice, administrateurs et mandataires judiciaires, greffiers des tribunaux de commerce, CARPA

Contrôle : Instance propre à chaque profession

Assujetti siConditions de L. 561-3 pour les commissaires de justice (ventes judiciaires distinctes des ventes volontaires) et les AJ-MJ (mandats judiciaires sous réserve de compatibilité) ; catégorie du 19° pour les greffiers ; fonds déposés par les avocats pour les CARPA.
Autorité de contrôleChambres régionales des commissaires de justice, CNAJMJ, Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce, commission de contrôle des CARPA.
Formation propre au secteurRègles professionnelles 260.1 à 260.3 pour les administrateurs et mandataires judiciaires.

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Commerce de biens de valeur, art et jeux

Art, antiquités, ventes volontaires aux enchères, ports francs

Contrôle : Douane (DGDDI)

Assujetti siVous réalisez une transaction ou une série de transactions liées d’au moins 10 000 €.
Personnes à formerDirigeants, collaborateurs en contact avec la clientèle et les opérations, conformité et contrôle interne.
Point d’attentionLes ventes volontaires se distinguent des missions judiciaires des commissaires de justice. La douane distingue également une vraie formation d’une simple réunion d’information.
En brefSeuil : 10 000 €.

Négociants de pierres et métaux précieux

Contrôle : Douane ; ACPR pour les acteurs financiers concernés

Assujetti siLe commerce est habituel et principal, pour une transaction ou une série liée d’au moins 10 000 €.
Point d’attentionLes professionnels financiers sont soumis à un régime distinct.
En brefSeuil : 10 000 €.

Horlogerie, bijouterie, joaillerie, orfèvrerieNouveau août 2026

Contrôle : DGCCRF

Assujetti siDepuis le 1er août 2026, votre activité professionnelle régulière ou principale porte sur un bien de plus de 10 000 €, quel que soit le mode de paiement (11° de L. 561-2, loi du 25 juin 2026).
Point d’attentionL’articulation avec le régime des négociants de métaux précieux dépend de l’activité et du statut, c’est pourquoi il ne faut pas retenir un contrôleur unique pour tous les métiers de l’or.
En brefBien de plus de 10 000 €, tout mode de paiement.

Autres commerçants et personnes acceptant les espèces

Contrôle : DGCCRF

Assujetti siVous acceptez des paiements en espèces ou en monnaie électronique de plus de 10 000 € par opération ou opérations liées (D. 561-10-1).
Point d’attentionCe test ne s’étend pas aux paiements par carte ou virement.
En brefEspèces : plus de 10 000 €.

Casinos, clubs de jeux, jeux en ligne, loteries et paris

Contrôle : Ministère de l’Intérieur (casinos, clubs) ; ANJ (jeux en ligne)

Assujetti siVous êtes opérateur du 9° (casinos, clubs de jeux, représentants légaux et directeurs responsables) ou du 9° bis (jeux en ligne agréés, opérateurs sous droits exclusifs).
Autorité de contrôleService central des courses et jeux du ministère de l’Intérieur pour les casinos et clubs ; Autorité nationale des jeux pour les jeux en ligne et les droits exclusifs.

Agents sportifsNouveau août 2026

Contrôle : Organisme de contrôle de gestion (art. L. 133-1 du Code du sport), sinon la fédération

Assujetti siDepuis le 5 août 2026, vous êtes titulaire d’une carte professionnelle délivrée par une fédération dont le nombre d’agents dépasse un seuil fixé par décret.
Formation propre au secteurLe Code du sport intègre désormais le blanchiment dans la formation initiale et continue des agents.
Point d’attentionLe décret fixant le seuil n’a pas été identifié à la date de l’article : l’assujettissement n’est donc pas uniforme pour tous les agents.
En brefSeuil fédéral à paraître.

Marchands de biens, promoteurs, automobile, nautisme, aviation privéeÀ venir 2027

Contrôle : À préciser par les décrets d’application

QuiMarchands de biens et promoteurs immobiliers ; vente et location habituelle et principale d’automobiles, de navires de plaisance et d’aéronefs privés (loi du 13 juin 2025, article 4). Des exceptions sont toutefois prévues pour les constructeurs et importateurs qui vendent à des distributeurs.
Où en est-onCes professions ne figurent pas dans la version de L. 561-2 applicable au 27 octobre 2026. Conditions et seuils renvoient à des décrets encore attendus, au plus tard le 10 juillet 2027.
En brefAnticiper, sans surinterpréter.

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Trois réserves à garder en tête : la Banque de France, l’IEDOM et l’IEOM, visés au 5°, échappent au pouvoir ordinaire de l’ACPR, et la Caisse des dépôts a son régime propre. L’ancien article R. 561-40 a été abrogé le 17 décembre 2025 : la compétence de la DGCCRF se lit désormais dans L. 561-36-2 et les textes actuels. TRACFIN reçoit et analyse les déclarations ; il ne contrôle pas, en revanche, le suivi de vos formations et ne prononce aucune sanction.

Qui doit être formé dans l’entreprise ?

Le critère : la tâche, pas le contrat

Le texte vise les personnes qui participent à la mise en œuvre du dispositif : ce qui compte n’est pas le contrat de travail, mais la tâche réellement accomplie. Dans l’affaire Entrevue Immobilière, par exemple, la Commission nationale des sanctions a retenu l’absence de justificatifs de formation pour des négociateurs ayant le statut d’agent commercial non salarié. De même, dans l’affaire Kerdiz, les formations des dirigeants étaient documentées, mais pas celles de deux salariées concernées.

Les fonctions à former et leurs priorités

Fonction
Capacité à développer en priorité
Mise en situation utile
Dirigeant, professionnel indépendant
Définir les moyens, superviser les échéances, décider des corrections ; appliquer aussi lui-même les diligences dans une petite structure
Arbitrage d’un plan de remédiation après contrôle
Commercial, relation clientèle, accueil
Recueillir les informations, repérer les incohérences, transmettre l’alerte sans en parler au client
Entretien client en cas de dossier incomplet
Analyste, conformité
Approfondir, hiérarchiser et documenter les alertes
Analyse contradictoire de deux dossiers similaires
Déclarant et correspondant TRACFIN
Maîtriser les tâches propres à chaque fonction et le circuit de transmission, y compris le filtre professionnel quand il existe
Déclaration fictive sur ERMES, traitement d’une demande de pièces
Contrôle interne, audit
Tester l’application réelle des procédures et suivre les défaillances
Revue d’un échantillon de dossiers et de formations
Mandataires, agents commerciaux, sous-traitants
Appliquer les diligences prévues par le mandant et remonter les alertes
Cartographie des tâches confiées et des obligations respectives

Petite structure ou grand réseau

Dans une agence de trois personnes, le gérant, la négociatrice et l’assistante sont tous concernés, avec des niveaux différents. Dans un réseau de 200 mandataires, il faut en revanche une cartographie des tâches confiées, un parcours pour chaque profil et des preuves individualisées. Les fonctions de déclarant et de correspondant sont distinctes, bien que la même personne puisse les cumuler.

Quand, combien de temps, sous quelle forme ?

Le calendrier

La première formation intervient lors de l’embauche, ou lors de la prise de fonction quand une personne rejoint le dispositif. Elle est ensuite renouvelée régulièrement. Le texte général ne fixe pas de cycle annuel commun : la fréquence doit donc être justifiable au regard des risques et des fonctions. Trois événements appellent une session sans attendre l’échéance prévue : un changement de rôle, une évolution importante de la réglementation ou de la classification des risques, et un constat de contrôle.

Un point de vigilance tiré de l’affaire M Capital Partners : lorsque votre procédure interne annonce une formation annuelle, cette fréquence doit être respectée, car un engagement écrit non tenu devient un grief.

Formation interne ou externe

Les deux sont possibles : la douane, pour les secteurs qu’elle supervise, admet qu’un responsable LCB-FT lui-même formé forme ses collaborateurs, notamment aux procédures de l’établissement, et précise qu’elle n’accrédite aucun organisme. Le guide du CNB admet également la formation interne ou externe pour les avocats. Dans tous les cas, le contenu doit être adapté et le parcours de chacun doit pouvoir être prouvé. Lorsque les heures doivent être reconnues au titre d’un autre régime (DDA, immobilier, crédit), les conditions de ce régime s’ajoutent.

Présentiel, classe virtuelle, e-learning

Le format est libre ; cependant, pour une action réalisée en tout ou partie à distance, l’article D. 6313-3-1 du Code du travail exige une assistance technique et pédagogique, une information sur les activités et leur durée moyenne, et des évaluations qui jalonnent ou concluent le parcours. La simple mise à disposition de vidéos ne démontre pas une action de formation structurée.

Les chiffres à ne pas confondre : aucune durée minimale n’est fixée par le socle LCB-FT. Les volumes horaires que vous rencontrez relèvent plutôt d’autres régimes : 15 heures par an pour la formation continue des intermédiaires d’assurance (DDA, article R. 512-13-1 et article A. 512-8 du Code des assurances), 14 heures par an ou 42 heures sur trois ans pour les professionnels de l’immobilier (loi ALUR, décret n° 2016-173 du 18 février 2016), 7 heures par année civile pour le crédit immobilier (arrêté du 9 juin 2016, modifié à compter du 20 novembre 2026), 120 heures sur trois ans pour les commissaires aux comptes (article A. 821-45 du Code de commerce). Une formation LCB-FT peut contribuer à ces volumes quand elle en respecte les conditions, mais aucune équivalence n’est automatique et les autres thèmes obligatoires restent à couvrir.

Vrai ou faux : les idées reçues qui coûtent cher

Sur le calendrier et la durée

« L’obligation de formation LCB-FT date du décret de 2026. »

Faux. Les cinq décisions présentées plus bas sanctionnent pourtant des faits de 2019 à 2023. Le décret du 24 avril 2026 précise désormais l’organisation et la traçabilité d’une obligation qui existait déjà.

« La loi impose 7 heures de formation LCB-FT par an. »

Faux. Le socle général ne fixe aucun volume horaire. Les 7 heures concernent le crédit immobilier, les 14 heures l’immobilier, les 15 heures l’assurance : ce sont des régimes de formation continue, pas une durée LCB-FT.

Sur les personnes à former et les preuves

« Le dirigeant est formé, donc l’équipe est couverte. »

Faux. Dans l’affaire Kerdiz, l’AMF a retenu le manquement malgré les formations des dirigeants, car celles de deux salariées n’étaient pas établies par des pièces probantes.

« Nos négociateurs sont des agents commerciaux indépendants, ils ne sont pas concernés. »

Faux. La Commission nationale des sanctions a par exemple retenu l’absence de justificatifs pour des négociateurs non salariés (Entrevue Immobilière, 3 novembre 2025). Ce qui compte, c’est plutôt la tâche confiée.

« Un planning de formation et des points mensuels prouvent que l’équipe est formée. »

Faux. Dans l’affaire UH, un planning et des points d’information mensuels n’ont pas démontré que tous les personnels concernés avaient effectivement été formés.

Sur l’organisme et la vigilance

« Qualiopi garantit que le programme est validé par mon autorité de contrôle. »

Faux. Qualiopi certifie des processus qualité et conditionne l’accès aux financements. Aucun superviseur ne valide le contenu LCB-FT d’un organisme, et le numéro de déclaration d’activité n’est pas un agrément de l’État.

« Un client que je connais depuis dix ans peut bénéficier d’une vigilance allégée. »

Faux. L’ancienneté ne suffit pas, car la vigilance simplifiée dépend des conditions légales et du risque ; la connaissance du client doit également rester actualisée.

« Sous le seuil de 10 000 €, je n’ai pas à vérifier le gel des avoirs. »

Faux. Un seuil sectoriel d’assujettissement LCB-FT ne les écarte jamais, car les mesures de gel ne connaissent aucun seuil.

Reconnaître une formation LCB-FT utile

Une formation utile se reconnaît à ce que les participants savent faire ensuite, pas à son nombre de diapositives. Le tableau suivant propose dix compétences observables, chacune reliée à un risque, à un exercice et à un mode d’évaluation. C’est toutefois une proposition de conception, pas un programme réglementaire.

Compétence
Risque travaillé
Exercice proposé
Déterminer son périmètre
Appliquer un seuil du mauvais secteur, omettre une activité assujettie
Classer plusieurs activités et opérations dans le bon régime
Identifier et vérifier le client
Identité incertaine, intervention sans pouvoirs
Dossier fictif avec pièces cohérentes et incohérentes
Rechercher le bénéficiaire effectif
Contrôle réel dissimulé derrière des sociétés
Lire un organigramme de détention et confronter les informations
Comprendre la relation et les fonds
Écart entre profil, activité et transaction
Comparer informations client, flux et justificatifs
Appliquer la classification des risques
Niveau de vigilance inadapté
Noter trois dossiers, expliquer les différences de traitement
Repérer et traiter une PPE
Diligences omises, confusion avec une interdiction
Cas de client ou de bénéficiaire effectif PPE
Réagir à une alerte de gel
Exécution interdite, confusion avec un homonyme
Comparer les identifiants, qualifier la correspondance, appliquer le circuit
Analyser une opération atypique
Clôturer trop vite, déclarer sans analyse
Note distinguant faits, explications et incohérences persistantes
Transmettre un soupçon
Alerte perdue, délai inadapté, divulgation au client
Remontée interne simulée, déclaration fictive pour les fonctions habilitées
Contrôler le dispositif
Procédure affichée mais peu appliquée
Audit d’un petit échantillon de dossiers et de formations

Choisir l’intervenant

L’article L. 6352-1 du Code du travail impose au prestataire de justifier les titres et qualités de ses formateurs ainsi que leur lien avec la prestation. Il n’existe pourtant pas de diplôme obligatoire de « formateur LCB-FT », ni de condition générale d’être avocat ou ancien agent de TRACFIN. Le critère qui compte est plutôt la combinaison d’une connaissance juridique à jour, d’une pratique réelle des diligences et des alertes dans votre métier, et d’une aptitude à faire travailler les participants sur des situations concrètes : un parcours prestigieux ne remplace pas cette adéquation.

Avant de signer, demandez notamment la fiche programme et les fonctions visées, un exemple de cas pratique du secteur, la date des supports et la distinction entre règles actuelles et futures, le CV de l’intervenant, la possibilité de travailler sur vos propres procédures, un exemple d’exercice d’évaluation, le modèle des documents remis, et, pour une formation à distance, les modalités d’assistance et d’évaluation.

Préparer les preuves et le contrôle

Le texte impose de conserver les documents relatifs à la formation du personnel pendant la durée des fonctions, puis cinq ans après leur fin. Il n’impose cependant pas de modèle de registre ou d’attestation. La pratique la plus sûre consiste à tenir un dossier par personne : fonction, programme, dates, durée, modalités, identité du dispensateur, preuve de participation, version des supports et résultat des évaluations.

Un tableau de suivi complète ce dossier : personne, fonction, activité, exposition au risque, parcours suivi, date, évaluation, complément requis, prochaine échéance motivée, emplacement des preuves. Il facilite notamment les relances, l’intégration des nouveaux arrivants et la justification du calendrier devant le contrôleur.

La preuve de participation ne suffit pas à elle seule, car le contrôle porte aussi sur l’adaptation du parcours aux risques et aux fonctions, puis sur l’application réelle des procédures dans les dossiers. Testez aussi quelques dossiers après chaque session : c’est le meilleur indicateur de ce que la formation a changé au poste de travail.

Sanctions : ce que montrent cinq décisions récentes

Les cinq décisions ci-dessous comportent un grief explicite relatif à la formation. Les montants sanctionnent l’ensemble des manquements retenus dans chaque affaire : ils ne représentent donc pas le « prix » d’un défaut de formation isolé. Ces faits sont antérieurs au décret du 24 avril 2026, ce qui confirme que l’obligation existait déjà. Les recours sont signalés quand une source officielle les mentionne ; l’absence d’issue connue ne permet pas de qualifier une décision de définitive.

AMF, M Capital Partners — 31 décembre 2025 (SAN-2026-01)

Les faits : société de gestion de portefeuille, manquements d’août 2019 à décembre 2023. La procédure interne prévoyait une formation LCB-FT annuelle. Aucune session n’a pourtant eu lieu en 2020, 2021 ni 2022 ; une seule en mars 2023, une autre en septembre 2023.

Les autres griefs : investissements et traçabilité, conflits d’intérêts, diligences LCB-FT. Le grief de placement non autorisé a en revanche été écarté.

La sanction : 200 000 € pour la société, 70 000 € et 35 000 € pour deux dirigeants. Recours principal de la Présidente de l’AMF devant le Conseil d’État (communiqué de la Commission des sanctions de l’AMF).

La leçon : la fréquence annoncée dans vos procédures doit être tenue.

AMF, Kerdiz Finance et Conseil — 1er avril 2026 (SAN-2026-03)

Les faits : conseiller en investissements financiers, contrôle sur la période 2020-2023. Pour les dirigeants, les formations étaient documentées ; le suivi effectif d’une formation LCB-FT par deux salariées n’était en revanche pas établi par des pièces probantes, et les références à des études ou expériences antérieures n’ont pas suffi.

Les autres griefs : présentation du statut, conflits d’intérêts, produits commercialisés, LCB-FT, coopération au contrôle.

La sanction : 300 000 € pour la société, 75 000 € pour chacun des deux dirigeants, ainsi que cinq ans d’interdiction d’exercer l’activité de CIF pour les trois. Recours de la société et d’un dirigeant mentionnés au 5 juin 2026.

La leçon : les preuves doivent couvrir chaque salarié concerné, pas seulement la direction.

Commission nationale des sanctions, société UH — 18 avril 2025 (dossier 2024-05)

Les faits : agence de transaction immobilière contrôlée par la DGCCRF en décembre 2022. Des attestations concernaient les dirigeants ; un planning et des points d’information mensuels étaient également invoqués. Ces éléments ne démontraient pourtant pas que tous les personnels concernés avaient été formés.

Les autres griefs : classification des risques, connaissance de la relation d’affaires, procédures de gel des avoirs.

La sanction : 2 000 € et un mois d’interdiction avec sursis pour la société et pour son directeur général, ainsi qu’un blâme pour un second dirigeant, avec publication anonyme.

La leçon : un planning ne prouve pas le suivi effectif de toute l’équipe.

Commission nationale des sanctions, Entrevue Immobilière — 3 novembre 2025 (dossier 2023-64)

Les faits : contrôle du 17 octobre 2022 ; aucun justificatif de formation pour les négociateurs ayant le statut d’agent commercial non salarié. Le dirigeant ne pouvait pas non plus les former convenablement, car il n’était pas lui-même formé.

Les autres griefs : risques et procédures, identité des clients et bénéficiaires effectifs, connaissance de la relation, gel des avoirs, contrôle interne.

La sanction : la société ayant été liquidée, c’est donc l’ancien président qui est sanctionné : 4 000 € et un an d’interdiction d’activité immobilière avec sursis, avec publication nominative. Recours possible devant le tribunal administratif ; issue non vérifiée.

La leçon : le statut non salarié des négociateurs ne justifie pas l’absence de suivi.

Commission nationale des sanctions, AVELIS — 20 mai 2026 (dossier 2024-02)

Les faits : société de domiciliation contrôlée le 10 octobre 2022 ; aucun justificatif de formation pour le gérant ni pour le salarié ancien cogérant. À l’audience de 2026, le gérant n’était toujours pas formé, malgré une première sanction en 2018.

Les autres griefs : risques, procédures et contrôle interne, identification et actualisation de la connaissance des clients. Le grief de vigilance constante a toutefois été écarté.

La sanction : 5 000 € et douze mois d’interdiction avec sursis pour la société ; 1 000 € et six mois d’interdiction ferme pour le gérant, un ancien sursis devenant exécutoire ; publication nominative. Recours administratif possible ; issue non identifiée.

La leçon : l’absence persistante de formation après une première sanction aggrave l’appréciation des manquements.

Les plafonds selon l’autorité

Autorité de sanction
Régime, avec ses limites
Commission nationale des sanctions (notamment immobilier, domiciliation, commerce de biens, jeux, agents sportifs)
Avertissement, blâme, interdiction temporaire jusqu’à cinq ans, retrait d’agrément ou de carte ; sanction pécuniaire jusqu’à 5 millions d’euros ou au double de l’avantage retiré. Les personnes physiques peuvent également être sanctionnées pour leur implication personnelle (L. 561-40).
Commission des sanctions de l’ACPR
Sanctions disciplinaires et pécuniaires variables selon la catégorie. Pour la plupart des organismes financiers, le plafond est le plus élevé de 100 millions d’euros et 10 % du chiffre d’affaires. Régimes particuliers pour certaines personnes physiques ainsi que les changeurs manuels (L. 561-36-1).
Commission des sanctions de l’AMF
Sanctions disciplinaires, interdictions d’activité et sanctions pécuniaires selon la qualité de la personne poursuivie (L. 621-15). Il faut donc identifier la catégorie applicable avant d’annoncer un plafond.
Ordres et chambres professionnels
Procédures disciplinaires propres à chaque profession (avocats, notaires, experts-comptables, commissaires de justice, AJ-MJ), ainsi que le contrôle de la H2A pour les commissaires aux comptes.

Les décisions illustrent cinq points : couvrir les personnes effectivement concernées, organiser une formation régulière, adapter les connaissances au métier, conserver des preuves individualisées et appliquer les procédures internes annoncées. Une remise en conformité après le contrôle est prise en compte pour la sanction, sans toutefois effacer les faits antérieurs.

Mettre son organisation à niveau en 10 étapes

  • ✔Recenser les activités, statuts et mandats de l’entité afin de rattacher chacun au bon régime.
  • ✔Identifier les fonctions qui participent aux diligences et les responsables de chaque tâche, mandataires compris.
  • ✔Relire la classification des risques, les erreurs de dossier et les constats de contrôle afin de définir les besoins.
  • ✔Choisir un socle commun, des ateliers métier et des compléments par fonction.
  • ✔Fixer un calendrier argumenté, en particulier pour les nouveaux arrivants, les changements de rôle et les évolutions réglementaires.
  • ✔Organiser la participation, les relances, les remplacements et le rattrapage des absents.
  • ✔Évaluer les acquis afin de corriger et compléter les sujets insuffisamment compris.
  • ✔Rassembler les preuves du parcours ainsi que les versions des supports ; vérifier les délais de conservation.
  • ✔Tester ensuite quelques dossiers pour apprécier l’application au poste.
  • ✔Présenter aux dirigeants les carences restantes et suivre leur correction.

FAQ : formation LCB-FT

Suis-je concerné du seul fait de mon métier ?

Pas toujours : il faut examiner le statut, l’activité réellement exercée et les conditions légales. Un seuil ou une exception peut intervenir : loyer de 10 000 € pour la location immobilière, bien de plus de 10 000 € en bijouterie, mandat et fonds confiés pour un IOBSP. Les fiches métier de cet article indiquent les principales distinctions ; en cas de doute, le texte de référence est l’article L. 561-2 dans sa version du 5 août 2026.

Faut-il renouveler la formation tous les ans ?

Le socle général ne fixe pas de cycle annuel commun ; la formation doit toutefois être régulière et sa fréquence justifiable au regard des risques et des fonctions. Respectez aussi vos engagements internes et les règles de votre profession : une procédure qui annonce une session annuelle vous lie.

Existe-t-il un minimum légal de deux, trois ou sept heures ?

Non, aucun volume horaire uniforme n’est fixé par le Code monétaire et financier. Les durées que vous voyez dans les catalogues décrivent plutôt des offres. Les 7, 14 ou 15 heures relèvent respectivement du crédit immobilier, de l’immobilier et de l’assurance, qui sont d’autres obligations.

Puis-je former mes collaborateurs en interne ?

Oui, la douane l’admet expressément pour les secteurs qu’elle supervise, notamment par un responsable LCB-FT déjà formé, et le guide du CNB l’admet pour les avocats. Prévoyez dans ce cas un contenu adapté aux risques et aux fonctions, et une preuve réelle du parcours de chacun. Quand les heures doivent compter pour un autre régime, vérifiez ses conditions sur l’organisme et l’attestation.

Une formation en ligne peut-elle convenir ?

Oui, sous conditions : pour une action à distance, le Code du travail exige une assistance technique et pédagogique, une information sur les activités et leur durée moyenne, et des évaluations. Le support doit permettre d’acquérir et de vérifier les compétences utiles au poste, pas seulement de visionner des vidéos.

Une attestation suffit-elle à démontrer ma conformité ?

Elle contribue à prouver un parcours, sans toutefois démontrer toute la conformité de l’entité. Le contrôle porte aussi sur l’adaptation du contenu et sur l’application réelle du dispositif dans les dossiers. Des attestations limitées aux dirigeants ou un simple planning n’ont par exemple pas suffi dans les affaires UH et Kerdiz.

Combien de temps conserver les justificatifs, et qui les conserve ?

Les documents de formation du personnel sont conservés par l’assujetti pendant la durée des fonctions, puis cinq ans après leur fin. En pratique, l’entreprise organise un archivage accessible et le participant garde sa copie. Certains justificatifs professionnels relèvent d’autres délais, par exemple six ans pour les commissaires aux comptes.

Les heures peuvent-elles compter pour la formation DDA ou ALUR ?

Oui, à condition que le parcours respecte les exigences du régime invoqué. La LCB-FT figure dans les compétences visées par la DDA, et les formations suivies au titre d’autres obligations sont également tracées. En immobilier, la CCI Paris Île-de-France cite par exemple le blanchiment parmi les thèmes déontologiques du cycle de 42 heures. Dans les deux cas, les autres thèmes obligatoires restent toutefois à couvrir et l’organisme doit remplir les conditions du régime.

Que faire si le client refuse de fournir les informations nécessaires ?

Lorsque les obligations d’identification ou de connaissance ne peuvent pas être satisfaites, l’article L. 561-8 impose de ne pas exécuter l’opération et de ne pas établir ou poursuivre la relation d’affaires, sauf exceptions prévues par cet article. La déclaration de soupçon s’apprécie séparément selon L. 561-15 : une pièce manquante ne déclenche donc pas mécaniquement une déclaration.

Existe-t-il un montant minimal pour déclarer un soupçon ?

Non, aucun seuil monétaire général ne limite la déclaration de soupçon, y compris pour les tentatives. Les seuils sectoriels de 10 000 € déterminent qui est assujetti ou quand la vigilance s’applique, pas quand il faut déclarer.

Mon signalement reste-t-il confidentiel ?

Oui, il est interdit de révéler l’existence, le contenu ou les suites d’une déclaration au client ou à des tiers non autorisés (L. 561-18). Savoir répondre à un client sans divulguer la déclaration est d’ailleurs un exercice utile de formation.

Les formations LCB-FT du CIDFP

Le CIDFP, organisme certifié Qualiopi, propose sept formations LCB-FT d’une journée, en présentiel ou en classe virtuelle, en inter, en intra ou sur mesure. Chaque programme part des diligences réelles du métier et s’appuie notamment sur des dossiers fictifs, la classification des risques, la déclaration sur ERMES, le registre de formation et la préparation du contrôle. En intra, les participants travaillent aussi sur les procédures de leur propre structure. Le socle commun à toutes les professions est notre formation LCB-FT généraliste ; les six autres programmes partent plutôt des diligences d’un métier ou d’une fonction.

Des formateurs qui traitent ces dossiers

Nos formateurs sont des banquiers, des avocats et d’anciens avocats qui gèrent ces dossiers. Ils traitent au quotidien les dossiers de vigilance, de déclaration et de contrôle dont parle cet article, et apportent en formation des situations réelles, anonymisées, avec ce qu’un contrôleur demande concrètement de voir.

Le socle commun, la banque et le pilotage du dispositif

🧭

Formation lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme (LCB-FT)

Le socle commun : mécanismes du blanchiment, cadre réglementaire, approche par les risques, KYC, déclaration de soupçon. Pour les responsables conformité, juristes, auditeurs et collaborateurs des secteurs financiers.

🏦

Formation lutte anti-blanchiment et financement du terrorisme pour le secteur bancaire

Obligations bancaires, évaluation des risques, procédures internes, détection des opérations suspectes. Pour les compliance officers, responsables juridiques, gestionnaires de risques et auditeurs internes.

Les formations LCB-FT par secteur

🛡️

Formation LCB-FT : lutte anti-blanchiment en assurance

Cadre appliqué aux assureurs et intermédiaires, risques propres aux contrats, détection et déclaration à TRACFIN, dispositif de contrôle interne. Pour les assureurs, courtiers, agents généraux et directions financières.

🔑

Formation LCB-FT immobilier

Obligations Tracfin des agents immobiliers, mandataires et administrateurs de biens : activités assujetties, rôle de chaque fonction dans l’agence, classification des risques, bénéficiaire effectif, gel des avoirs, déclaration sur ERMES, preuves attendues par la DGCCRF.

📮

Formation LCB-FT domiciliation d’entreprises

Agrément préfectoral, contrat de domiciliation et dossier du domicilié reliés aux obligations LCB-FT ; entrée en relation à distance, sociétés éphémères, résiliation sans alerter le client, registre de formation.

📜

Formation LCB-FT notariat

Vigilance acte par acte, déclaration Tracfin exploitable sur ERMES, registres des bénéficiaires effectifs et des gels des avoirs, préparation de l’inspection de l’office. Pour les notaires et leurs équipes, notamment clercs, formalistes, comptables-taxateurs et référents LCB-FT.

🎯

Formation responsable LCB-FT

Piloter le dispositif et former les équipes selon le décret n° 2026-310 : classification des risques, procédures, organisation de la formation et tenue du registre. Pour les responsables LCB-FT, déclarants et correspondants TRACFIN, dirigeants et responsables du contrôle interne.

Formations complémentaires

Les mêmes équipes traitent souvent la corruption, la fraude, le contrôle interne et la formation continue réglementaire de leur secteur. Ces programmes prolongent la LCB-FT sur ces sujets.

Conformité bancaire et financière
Fraude bancaire et contrôle interne
Loi Sapin 2 : anti-corruption
Cartographie des risques de corruption
Formation réglementaire DDA assurance
Réglementation de l’agent immobilier
Fiscalité et réglementation crypto

Pour un parcours adapté à votre classification des risques et à vos fonctions, ou pour une version intra de deux jours avec audit de vos dossiers, contactez le CIDFP.

Note du centre de formation

Lorsque vous achetez une formation LCB-FT pour vos dirigeants et responsables, le CIDFP offre aux autres collaborateurs de votre structure un parcours e-learning personnalisé selon votre métier.

Ce parcours associe des textes, des vidéos et des exercices ludiques. Vous suivez la progression de chaque collaborateur et chacun reçoit un certificat de réalisation, à conserver avec les autres preuves de formation.

Sources

Textes consultés dans leur version applicable au 27 octobre 2026. Les décisions sont citées avec les recours quand les sources officielles les signalent.

Textes officiels

Doctrine, guides et décisions

Aller plus loin

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