Manager animant un atelier collaboratif avec son équipe, dont une collègue à distance, pour accompagner le changement

Management en 2026 : quelles compétences développer pour accompagner le changement ?

Mis à jour le 18 octobre 2026. Article rédigé par l’équipe du CIDFP, organisme de formation professionnelle certifié Qualiopi.

En 2026, accompagner le changement demande d’abord aux managers de savoir expliquer, écouter, adapter leur style aux situations, associer les équipes et réguler la charge de travail. Deux compétences plus récentes s’y ajoutent par ailleurs : piloter des équipes en partie à distance, et comprendre ce que l’intelligence artificielle change, ou non, dans les métiers. Aucune méthode ne garantit toutefois la réussite d’une transformation. En revanche, ces compétences managériales, soutenues par la direction et par des moyens concrets, augmentent nettement les chances de réussite.

Cet article fait donc le point sur ce qui évolue réellement dans le management, en s’appuyant sur des données publiques. Il propose ensuite une méthode, des indicateurs et des pistes de formation.

En bref. Le changement réussit rarement par la seule communication descendante. Les travaux de l’Anact montrent en effet l’intérêt de partir du travail réel et d’associer les salariés dès la conception des projets.

Pourquoi le management évolue-t-il en 2026 ?

Ce que montrent les données publiques

Plusieurs évolutions sont d’abord documentées par la statistique publique.

  • Le travail hybride est installé. D’après l’Insee Analyses n° 105, réalisé avec la Dares et publié le 5 mars 2025, 22 % des salariés du privé ont télétravaillé au premier semestre 2024, contre 4 % en 2019, en moyenne 1,9 jour par semaine. La pratique concerne surtout les cadres (environ 63 %), tandis que les encadrants télétravaillent moins que les autres salariés.
  • Les conditions de travail évoluent de façon contrastée. Selon l’étude Dares Analyses n° 37 du 9 septembre 2026, le manque d’autonomie dans l’organisation du travail concerne 41 % des salariés en 2024 (-3 points depuis 2016), et 21 % déclarent des relations dégradées avec leur hiérarchie (-5 points). Cette étude relève toutefois davantage de comportements hostiles, ainsi que des perspectives d’emploi à long terme jugées plus incertaines.
  • L’IA progresse, mais son effet sur l’emploi reste à mesurer. Le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan (ex-France Stratégie) indique en effet, dans son focus « Choisir son travail demain » de septembre 2026, qu’aucune étude globale n’a mesuré à ce jour d’impact majeur de l’IA sur l’emploi. Il rappelle également que, selon le FMI et l’OIT, 25 % à 40 % des travailleurs dans le monde sont exposés à l’IA, les métiers intellectuels davantage que les autres.

Autrement dit, le management évolue dans un contexte où certaines contraintes reculent, alors que d’autres apparaissent. Ces données décrivent toutefois des moyennes nationales : elles ne disent pas ce qui se passe dans chaque entreprise.

Ce qui relève de l’observation générale

D’autres tendances sont souvent avancées sans être mesurées de façon aussi précise : réorganisations plus fréquentes, outils numériques qui se succèdent, ou encore exigences de performance accrues. Elles méritent donc d’être vérifiées dans chaque organisation plutôt que présumées. De même, les « nouvelles attentes » prêtées à une génération entière relèvent davantage du cliché que de la donnée. En pratique, les attentes en matière d’autonomie et de reconnaissance varient surtout selon les métiers, les parcours et les conditions de travail.

Par conséquent, le premier réflexe d’un dirigeant devrait être d’observer sa propre organisation : quels changements sont prévus, quelles équipes sont concernées et quelles compétences manquent aujourd’hui à l’encadrement.

Les 7 compétences managériales essentielles pour accompagner le changement

1. Communiquer et écouter activement

Le manager explique d’abord pourquoi l’entreprise change, ce qui est décidé et ce qui reste ouvert. Donner du sens, c’est en effet relier la transformation au travail quotidien de l’équipe. Écouter consiste ensuite à recueillir les préoccupations sans les balayer, puis à faire remonter celles qui le méritent.

2. Adapter son management aux situations

Le management situationnel consiste à ajuster son niveau de directivité et de soutien selon la compétence et l’autonomie de chacun sur une tâche donnée. Ainsi, un collaborateur expert dans son métier peut être débutant sur un nouvel outil : il a alors besoin, temporairement, d’un accompagnement plus rapproché. Ce modèle n’est pas une recette universelle ; c’est plutôt une grille pour éviter d’appliquer le même style à tout le monde.

3. Faire preuve d’intelligence émotionnelle

L’inquiétude, la frustration ou le scepticisme sont des réactions normales face au changement. Les reconnaître permet donc de réguler les tensions, plutôt que de les laisser s’installer. Concrètement, cela passe par une posture d’écoute, des entretiens individuels et une attention particulière aux personnes les plus exposées.

4. Conduire le changement

Conduire le changement, c’est identifier les impacts sur l’organisation, construire un plan d’accompagnement, mobiliser les relais et suivre l’adoption. Des modèles comme ADKAR ou les huit étapes de Kotter offrent par ailleurs des grilles de lecture utiles. Ils sont néanmoins issus de la pratique du conseil, et leur efficacité n’est pas démontrée en toutes circonstances.

5. Manager de façon collaborative

Le management collaboratif encourage la participation, favorise la coopération, développe l’autonomie et clarifie qui décide quoi. Toutefois, la participation n’a de valeur que si les contributions de l’équipe influencent réellement le projet. À l’inverse, une consultation de façade peut renforcer la méfiance.

6. Comprendre les outils numériques et l’IA

Le manager n’a pas besoin d’être expert. Il doit néanmoins connaître les possibilités et les limites des outils, repérer les usages pertinents pour son équipe et rappeler les règles de prudence : vérification des résultats, protection des données et respect de la charte interne. Il accompagne également l’évolution des métiers que ces outils entraînent.

7. Prévenir les tensions et les risques psychosociaux

Une transformation modifie souvent la charge, l’autonomie et les relations de travail. C’est pourquoi le manager repère les facteurs de tension liés à l’organisation, régule la charge et maintient le dialogue. Si besoin, il oriente ensuite vers les bons interlocuteurs : RH, médecin du travail ou représentants du personnel. Il n’a cependant pas à se substituer à un professionnel de santé ou à un juriste.

Synthèse : les compétences et leurs applications concrètes

Compétence
Application concrète
Communication et écoute
Réunion d’équipe pour présenter le projet, puis temps de questions et recueil des inquiétudes
Management situationnel
Accompagnement rapproché sur un nouvel outil, et donc plus d’autonomie sur les dossiers habituels
Intelligence émotionnelle
Entretien individuel avec un collaborateur inquiet pour son poste, par exemple après une annonce
Conduite du changement
Plan d’accompagnement avec calendrier, relais ainsi que points d’étape
Management collaboratif
Groupe de travail chargé de tester une nouvelle organisation, puis de proposer des ajustements
Numérique et IA
Repérage des tâches où un assistant d’IA est utile, avec également des règles de vérification
Prévention des tensions
Ajustement des priorités pendant la période de transition, notamment lors des pics d’activité

Développez les compétences de vos managers. Une transformation se prépare en effet aussi en donnant aux managers les repères et les outils pour accompagner leurs équipes. Échangez avec un conseiller du CIDFP afin d’identifier les besoins prioritaires.

Comment accompagner les équipes dans le changement : la méthode en 7 étapes

Le guide de l’Anact « 10 questions sur la conduite des projets de transformation » rappelle que les projets sont souvent pensés sous leur angle technique. Pourtant, ils transforment le travail, les compétences et les conditions de travail. Prendre en compte ces effets trop tard expose donc à des ajustements coûteux et à des tensions. La démarche suivante s’en inspire.

1. Comprendre les raisons et les objectifs du changement

Le manager doit d’abord pouvoir répondre simplement à la question « pourquoi ? ». Par exemple, avant le déploiement d’un nouveau logiciel de gestion, il obtient de la direction les objectifs visés ainsi que les contraintes du projet.

2. Identifier les collaborateurs et équipes concernés

Qui est directement touché, et qui l’est indirectement ? Ainsi, un changement d’horaires du service client concerne également l’équipe logistique qui prépare les commandes.

3. Analyser les impacts sur les métiers et les compétences

Quelles tâches disparaissent, apparaissent ou changent ? Par exemple, l’automatisation de la saisie des factures libère du temps, mais elle demande en outre de nouvelles compétences de contrôle des anomalies.

4. Communiquer de manière claire et régulière

Dites ce qui est décidé, ce qui ne l’est pas encore et quand l’équipe en saura plus. Concrètement, un point hebdomadaire de quinze minutes pendant toute la phase de transition évite les rumeurs et les malentendus.

5. Associer les équipes à la transformation

L’Anact recommande de s’appuyer sur l’expertise des salariés, de les associer au projet et de leur permettre de se projeter, notamment par la simulation. Ainsi, avant un réaménagement en flex office, l’équipe peut tester l’organisation pendant deux semaines, puis proposer des ajustements.

6. Former et accompagner les collaborateurs

Prévoyez la formation avant le basculement, puis un accompagnement sur le poste. Par exemple, des référents internes formés en amont répondent ensuite aux questions pendant le premier mois.

7. Mesurer l’adoption et ajuster les actions

Suivez enfin l’usage réel et corrigez ce qui bloque. Imaginons qu’un tableau de bord révèle qu’une fonctionnalité clé n’est presque pas utilisée : un atelier montre alors qu’elle est mal adaptée au travail réel, et le paramétrage est donc revu.

Comprendre les résistances au changement

Les résistances ont souvent des causes identifiables :

  • l’incertitude sur l’avenir du poste ou de l’équipe ;
  • la crainte de perdre des compétences reconnues, ou bien de l’autonomie ;
  • une mauvaise compréhension des objectifs, notamment quand le « pourquoi » n’a pas été expliqué ;
  • une charge de travail déjà élevée, à laquelle s’ajoute en outre l’apprentissage ;
  • le souvenir de transformations passées mal conduites ;
  • enfin, un déficit de confiance ou de communication.

Une résistance n’est pas forcément un comportement négatif. Elle peut en effet signaler un risque réel, une contrainte opérationnelle oubliée ou un défaut de conception du projet. L’écouter permet donc souvent d’améliorer le projet. Par exemple, des salariés qui objectent qu’un nouvel outil ralentit le traitement des urgences pointent peut-être un problème que personne n’avait anticipé.

Pour y répondre, le manager peut d’abord distinguer ce qui relève de l’information manquante, de l’inquiétude personnelle ou d’un problème réel. Il apporte ensuite la réponse adaptée : une explication, un accompagnement individuel ou une remontée vers l’équipe projet.

Management et intelligence artificielle : quels enjeux ?

Dans son rapport « Intelligence artificielle et travail : risques et opportunités » (2018, page mise à jour en décembre 2024), France Stratégie soulignait déjà l’ambivalence de l’IA. D’une part, elle peut faciliter la coordination et l’autonomie. D’autre part, elle peut intensifier le travail ou réduire les marges de manœuvre. Les compétences transversales, comme le relationnel ou le travail en équipe, gagnent par conséquent en importance.

Pour le manager, les enjeux sont donc très concrets :

  • l’évolution des tâches et des responsabilités, avec notamment l’automatisation de certaines activités ;
  • de nouveaux besoins de formation pour les équipes ;
  • la supervision humaine des résultats, qui peuvent en effet comporter des erreurs ou des biais ;
  • la protection des données de l’entreprise et des personnes ;
  • enfin, l’acceptabilité des outils, qui dépend largement de la façon dont ils sont introduits.

Des exemples d’usages pour les managers

Un manager peut par exemple préparer l’ordre du jour d’une réunion, synthétiser des retours d’équipe anonymisés ou rédiger un premier jet de note de cadrage. Ces usages peuvent faire gagner du temps, sans garantie pour autant : tout dépend de la tâche, de la qualité des vérifications et du respect des règles internes. De plus, certaines décisions, comme l’évaluation d’un collaborateur, ne devraient jamais être confiées à un outil sans contrôle humain. Notre article sur l’IA en entreprise et la formation des équipes détaille ces enjeux.

Comment mesurer la réussite d’une transformation ?

Type d’indicateur
Exemples
Activité
Participation aux formations, nombre d’ateliers organisés, ainsi que communications réalisées
Résultat
Niveau d’adoption des nouvelles pratiques, compétences acquises, difficultés signalées et retours des collaborateurs
Impact
Qualité de la coopération, évolution des processus, et enfin atteinte des objectifs opérationnels

Compter les formations suivies ne suffit pas. En effet, une formation réalisée ne signifie pas que les pratiques ont changé. Il faut donc observer l’usage réel, sur la durée, puis croiser les chiffres avec les retours des équipes. Ainsi, un taux de participation élevé associé à un faible usage de l’outil signale souvent un problème de conception ou d’accompagnement.

Former les managers aux transformations

La formation peut aider les managers à développer leurs compétences relationnelles, à mieux communiquer et à s’adapter. Elle leur permet également d’acquérir des méthodes de conduite du changement, de comprendre les enjeux numériques et de pratiquer un management plus collaboratif. Son intérêt se mesure toutefois à ce qui change ensuite dans le travail.

Favoriser le transfert des acquis

Le transfert des acquis dépend fortement du contexte. Ainsi, une formation produit peu d’effets si le manager n’a ni le temps, ni les marges de manœuvre, ni le soutien de sa direction pour appliquer ce qu’il a appris. Prévoir des mises en pratique, un suivi après la formation et des échanges entre pairs augmente donc les chances de transfert.

Le rôle de la direction

La direction joue par ailleurs un rôle décisif. Elle fixe le cap, dégage du temps pour l’accompagnement et montre, par ses propres pratiques, que la transformation est prioritaire. Autrement dit, la formation accompagne une transformation, mais elle ne la remplace pas.

Les formations du CIDFP pour accompagner le changement

Le CIDFP, organisme certifié Qualiopi, propose des formations en inter, en intra ou sur mesure :

Pour les managers qui prennent leurs fonctions, la formation management d’équipe pose par ailleurs les fondamentaux, tandis que la formation management et leadership approfondit la posture.

FAQ : management et accompagnement du changement

Quelles sont les compétences managériales clés en 2026 ?

Il s’agit notamment de communiquer et écouter, d’adapter son management aux situations et de faire preuve d’intelligence émotionnelle. S’y ajoutent la conduite du changement, le management collaboratif, la compréhension du numérique et de l’IA, ainsi que la prévention des tensions liées à l’organisation du travail.

Qu’est-ce que le management situationnel ?

C’est une approche qui consiste à ajuster son niveau de directivité et de soutien selon la compétence et l’autonomie d’un collaborateur sur une tâche donnée. Ce n’est donc pas une recette universelle, mais une grille utile pour éviter un style unique.

Les modèles ADKAR et Kotter sont-ils efficaces ?

Ce sont des grilles de lecture utiles pour structurer un projet. Ils sont toutefois issus de la pratique du conseil et ne garantissent pas à eux seuls la réussite : le contexte, la participation des équipes et les moyens alloués pèsent davantage.

Faut-il voir les résistances au changement comme un problème ?

Pas nécessairement. En effet, elles révèlent souvent un risque, une contrainte ou un défaut de conception du projet. Les écouter permet ainsi d’améliorer la transformation.

Une formation suffit-elle à réussir une transformation ?

Non. La formation est un levier important, mais elle doit s’accompagner de temps, de moyens, d’une organisation adaptée et du soutien de la direction.

Comment manager une équipe hybride pendant un changement ?

Il faut d’abord prévoir des temps d’échange réguliers, à distance comme en présentiel, afin que personne ne soit tenu à l’écart des informations. Par ailleurs, les décisions et leurs raisons gagnent à être écrites et partagées, pour que chacun dispose des mêmes repères.

Conclusion : des compétences, un cadre et du temps

Accompagner le changement en 2026 repose moins sur une méthode miracle que sur un ensemble de compétences : expliquer, écouter, adapter, associer et réguler. Ces compétences se développent, à condition toutefois de leur donner un cadre.

Pour passer à l’action, commencez donc par trois étapes. D’abord, listez les transformations réellement prévues dans votre organisation pour les douze prochains mois. Ensuite, identifiez les compétences qui manquent à vos managers pour les accompagner. Enfin, formez-les avant les échéances et donnez-leur les moyens d’appliquer ce qu’ils ont appris. Mesurez ensuite l’adoption réelle, puis ajustez.

Former vos managers au changement. Découvrez ainsi les formations management situationnel, management hybride et management avec l’IA, ou l’ensemble du catalogue du CIDFP.

Sources officielles et références

Aller plus loin

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